La Belle au bois dormant

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      Yak Rivais opère une transmodalisation du conte de référence. Il réécrit Dornröschen sous une forme poétique. En effet, Yak Rivais réutilise les codes poétiques majeurs  comme cadre de sa création littéraire. La forme courte est privilégiée et l’histoire de la Belle au Bois Dormant est retranscrite sous forme de cinq alexandrins. L’effet rimique est introduit par des rimes plates. L’enjeu de cette réécriture ou recréation parodique est de mettre en avant la dimension « ludique » et  « humoristique » du texte,  ainsi que le définit Gérard Genette dans Palimpsestes. De fait, le texte est destiné à servir de modèle aux enfants dans le cadre d’un exercice de langue française : l’écriture d’invention. Le poème de cinq alexandrins ainsi inventé conserve les différentes étapes du schéma narratif original mais sous une forme extrêmement condensée et rythmée et cela dans un ordre d’apparition identique à celui du texte source à savoir le sommeil de cent ans, l’arrivée du prince, le baiser et le réveil. L’étape des noces est, quant à elle, laissée de côté.

       Un second changement, qui ne concerne plus seulement la forme, mais aussi le fond parachève la réécriture. Une chute humoristique est créée reposant sur un jeu de mots qui modifie à la fois le titre de l’hypertexte et celui de l’hypotexte (« la belle au bois  mordant »). L’œuvre de Yak Rivais joue donc avec plusieurs intertextes qui sont d’ailleurs tous deux des hypotextes Il s’agit non seulement de Dornröschen des Grimm, mais aussi de « La Belle au Bois Dormant » de Perrault. En effet, Yak Rivais emprunte le motif du baiser entre les deux amants aux Grimm, mais le jeu de mots fait référence au titre du conte de Perrault. L’humour repose donc sur ce double emprunt ainsi que sur une iconographie qui sous-tend le poème.  Une illustration mimant la chute annoncée comme une « moralité » accompagne la réécriture. Le lecteur peut y voir une princesse mordant le nez du prince dans une imagerie burlesque du conte poétisé. Le poème devient alors un outil d’apprentissage ludique et de maîtrise du langage par un jeu portant à la fois sur la forme et le fond textuel.

Références

Editeur: 

L'école des loisirs

Contributeur: 

Orielle Belin

Date: 

1990

Type DC: 

Format: 

1vol. (154 p.) : portrait ; 18 cm.

Identifiant: 

ISBN : 978-2-211-03790-7

Source: 

Les contes du miroir, Yak Rivais

Gestion des droits: 

l’école des loisirs.

Langue: 

français