Sleeping Beauty

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L’artiste et illustrateur Walter Crane travaille régulièrement, à partir de 1875, pour l’entreprise de papiers peints Jeffrey & Co., pour laquelle il réalise pas moins d’une soixantaine de planches. Certaines de ses réalisations les plus luxueuses sont réalisées à la main,  de manière artisanale, mais beaucoup de ses dessins, notamment pour les papiers peints destinés à la chambre d’enfants, sont aussi réalisés de manière industrielle. C’est le cas de Sleeping Beauty, qui compte parmi les papiers vendus spécialement pour orner les chambres des enfants des familles bourgeoises de la fin de l’époque victorienne, son sujet emprunté à la littérature pour enfants s’accordant à sa destination.

Contrairement à bien des dessinateurs de papiers peints de son époque, comme William Morris, qui refusent d’ajouter des figures, voire du relief, dans leurs compositions, Walter Crane, dans son goût pour l’alliance de l’allégorie et de l’ornement, n’hésite pas à en inclure un certain nombre dans sa planche : au milieu d’un entrelacs de rosiers sauvages, on reconnaît une belle endormie dans un hamac, qu’observe un prince arrivant doucement auprès d’elle. De l’autre côté, une fileuse, tout à fait éveillée, avec sa quenouille, rappelle la vieille fileuse du conte par qui la malédiction arrive. Ailleurs, le roi, un musicien et son luth, une demoiselle et son éventail, ainsi qu’un chat, un chien, un perroquet et un paon sont profondément endormis. L’ensemble est imprimé dans une gamme de jaunes, de verts et de roses suffisamment claire pour amoindrir l’effet de surcharge visuelle.

Ce papier peint se situe dans la continuité de son propre album réalisé à partir de la version Perrault du conte (The Sleeping Beauty in the Wood, 1876), où l’on retrouve peu ou prou les mêmes figures, notamment le chien, l’oiseau, le musicien et la dame à l’éventail dans la double page centrale. Il est toutefois infléchi en direction de la version Grimm, puisqu’on y voit le roi endormi, absent de la version Perrault, et que l’artiste, dans la lignée de la réflexion artistique de Burne-Jones sur le même récit, y insiste considérablement sur le motif de l’églantier propre à la version Grimm.

Références : Morna O’Neill, Walter Crane, The Arts and Crafts, Painting and Politics, 1875-1890, New Haven & Londres, Yale University Press, 2010.

Greg Smith, Sarah Hyde (éd.), Walter Crane, 1845-1915, Artist, Designer and Socialist, cat. expo. (Whitworth Art Gallery, Manchester), Londres, Lund Humphries, 1989.

Références

Editeur: 

Jeffrey & Co.

Contributeur: 

François Fièvre

Date: 

1879

Type DC: 

Format: 

85 x 53,5 cm

Identifiant: 

NA

Source: 

Londres, Victoria & Albert Museum.

Gestion des droits: 

NA

Langue: 

anglais